communiqué

Nous ne réaliserons pas Cassel Cornemuses 2026.

Cette décision, longuement mûrie, n’a rien d’un renoncement facile. Elle est le fruit de discussions, de doutes, de regards croisés, et d’un constat partagé.

Depuis plusieurs années, des signaux faibles mais tenaces nous alertent. Ils disent l’usure, la fragilité, la difficulté croissante à maintenir vivante une aventure qui a pourtant porté tant de joie, de rencontres et de musique.
Nous devons aujourd’hui regarder la réalité en face.

Une histoire qui a grandi plus vite que nous

Quand le Département du Nord a initié la première édition en 1995, au Mont Noir, personne n’imaginait ce que deviendrait Cassel Cornemuses.
Année après année, le public a afflué, les artistes se sont multipliés, les bons moments aussi.
Mais derrière cette réussite, une autre réalité s’est imposée : plus la manifestation grandissait, plus elle pesait sur les épaules de celles et ceux qui la portaient.

Le temps a passé. Les générations ont changé. Ce qui était un élan collectif, presque spontané, est devenu une mécanique lourde, exigeante, parfois épuisante.
Et l’environnement culturel, administratif, sécuritaire n’a cessé de se complexifier.

Une organisation devenue démesurée

En 1995, nous assurions la direction artistique ; le Département gérait le reste.
En 2001, nous nous retrouvions à tout porter : sécurité, communication, logistique, coordination, financement.
Toujours avec la même équipe. Toujours avec la même énergie… mais une énergie qui, aujourd’hui, s’essouffle.

Ce qui était une simple commande est devenu une opération autonome dont nous sommes les seuls à l’initiative avec sa quête permanente de subventions, de mécénat, de dons.

Ce qui était un après midi musical est devenu un festival de trois jours, 25 groupes, 10 000 personnes, un parquet de 200 m², 25 tonnelles, deux podiums.
Et un budget de 50 k€, stabilisé tardivement, dans l’incertitude.

À cela s’ajoutent les exigences croissantes en matière de médiation culturelle, que nous ne pouvons plus assumer sereinement.

La brocante musicale, reprise par le collectif après le décès de Jean Jacques Revillion, reste un moment fort… mais elle pèse lourd, humainement et matériellement.

Une génération qui s’épuise, une autre qui vit autrement

La génération qui a porté le projet « Cornemuses » depuis trente ans arrive au bout de ses forces. Les départs, les problèmes de santé, la fatigue accumulée… tout cela pèse.
La génération suivante, elle, s’engage différemment. Elle n’a ni les mêmes disponibilités, ni les mêmes rythmes de vie. Ce n’est ni un reproche ni un regret : c’est une réalité.

La disparition de ce qui faisait l’âme du festival

Ce qui faisait battre le cœur de Cassel Cornemuses, ce n’était pas seulement les concerts.
C’étaient les rencontres.
Les discussions improvisées.
Les moments volés entre deux sets.
Les amitiés qui naissaient au détour de la musique

Aujourd’hui la densité du programme, les contraintes logistiques empêchent ces instants précieux.
On nous suggère parfois de les supprimer.
Nous ne pouvons pas. Sans eux, le festival perd son âme.

Une équation financière devenue impossible

Les coûts augmentent.
Les financements stagnent ou diminuent.
Les décisions arrivent tard.
Les engagements deviennent risqués.

Pour tenir, nous avons dû réduire la diversité artistique, multiplier les prestations des mêmes groupes, supprimer certains rendez vous. Ce n’est pas notre vision du festival.

Depuis la reprise post Covid, la fréquentation a doublé.
Assurer la sécurité de 10 000 personnes demanderait des moyens que nous n’avons pas.

Et la baisse générale des financements culturels interroge profondément le sens de notre engagement.

Cassel, entre soutien et tensions

La municipalité nous soutient avec constance et chaleur.
Mais les critiques récurrentes de certains habitants ou commerçants ( stationnement, occupation de l’espace) pèsent sur les bénévoles.
Avec le temps, notre capacité à absorber ces tensions s’amenuise.

Préserver ce qui a été beau

On nous propose de réduire, simplifier, faire payer, revoir le modèle.
Mais ces solutions oublient ce qui nous anime depuis trente ans : la gratuité, la générosité, la rencontre, la diversité, la convivialité.

Nous refusons d’abîmer une aventure qui a marqué autant nos esprits.

Comme d’autres projets du territoire, Cassel Cornemuses ne peut continuer que si toutes les conditions sont réunies. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

L’équipe arrive au bout de son chemin. À force de lutter contre les courants contraires, la bonne volonté s’érode, l’envie s’en va.

Oui, nous faisions t out cela par plaisir. C’est précisément pour préserver ce plaisir que nous choisissons d’appuyer sur pause.


FAQ – Cassel Cornemuses 2026


Pourquoi l’édition 2026 est-elle annulée ?

La décision résulte d’un ensemble de facteurs : complexité croissante de l’organisation, fragilisation des ressources bénévoles, augmentation des coûts, incertitudes financières et exigences techniques et administratives plus lourdes. Les conditions nécessaires à la tenue du festival ne sont plus réunies.


Est-ce une décision définitive ?

La décision concerne uniquement l’édition 2026. L’avenir du festival sera réfléchi collectivement, en tenant compte des ressources disponibles et des conditions nécessaires à un projet cohérent et fidèle à ses valeurs.


Le festival manque-t-il de financements ?

Les financements publics stagnent ou diminuent depuis plusieurs années, tandis que les coûts augmentent fortement (sécurité, logistique, communication, prestations artistiques). Cette situation rend l’équilibre budgétaire difficile à atteindre.


Pourquoi ne pas réduire le format du festival ?

Plusieurs options ont été étudiées : réduire à une journée, limiter les frais, faire payer le public, revoir la programmation. Ces solutions dénatureraient les principes fondateurs du festival : gratuité, diversité, convivialité, rencontre. L’association ne souhaite pas compromettre l’identité du projet.


Le manque de bénévoles est-il un facteur déterminant ?

L’événement repose sur une équipe très investie depuis plus de 30 ans. L’usure naturelle, les départs et la difficulté à mobiliser une nouvelle génération rendent l’organisation de plus en plus complexe.


La fréquentation accrue pose-t-elle problème ?

Depuis la reprise post‑Covid, la fréquentation a doublé, atteignant environ 10 000 personnes. Assurer la sécurité d’un tel public nécessite des moyens supplémentaires que l’association ne peut assumer seule.


La municipalité de Cassel est-elle toujours partenaire ?

Oui. La municipalité et ses services ont toujours apporté un soutien constant et précieux. La décision d’annuler l’édition 2026 ne remet pas en cause cette relation.


La brocante musicale est-elle concernée ?

Oui. La brocante musicale, qui constitue un élément important du dimanche, connaît un mutation liées sans doute à la vente par les plateformes numériques et un phénomène générationel. Elle nécessite des moyens humains et matériels importants. 


Le festival reviendra-t-il un jour ?

L’association ne ferme aucune porte. L’avenir dépendra des ressources humaines, financières et institutionnelles disponibles, ainsi que de la capacité à retrouver les conditions qui ont fait la force du projet.


Comment rester informé de la suite ?

Des communications seront diffusées via les canaux habituels : site internet, réseaux sociaux, partenaires institutionnels et associatifs.




Rétrospective Edition 2025